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BaFá BaFá

BaFá BaFá

Vivre le choc culturel pour révéler stéréotypes, malentendus et stratégies d’adaptation.

Durée · 90–180 min
Participants · 12–40
Niveau · Avancé

BaFá BaFá est une simulation interculturelle créée par R. Garry Shirts et éditée par Simulation Training Systems. Les participants sont séparés en deux cultures, Alpha et Beta, qui apprennent chacune, dans une salle différente, leurs règles, leurs valeurs et leur langage. La culture Alpha est relationnelle et hiérarchisée ; la culture Beta est orientée vers l’échange commercial et utilise une langue codée. Des observateurs puis des visiteurs passent d’une culture à l’autre pour tenter de comprendre ce qui s’y joue. Le jeu sert à faire vivre concrètement le sentiment d’être étranger, les interprétations hâtives et la fabrication des stéréotypes.

Déroulé

  1. 1

    Cadrage et contrat de simulation

    10 à 15 min

    L’animateur accueille le groupe et annonce : « Vous allez vivre une simulation interculturelle, pas un exposé sur les cultures. Votre mission sera d’entrer dans un système social inconnu et d’en tirer du sens. » Il précise que le jeu peut provoquer surprise, frustration ou malaise léger, et que ces réactions font partie de la matière d’apprentissage. Il rappelle le cadre : respect des personnes, confidentialité des ressentis, droit de demander une pause. Il ne révèle pas les règles Alpha et Beta, afin de préserver l’expérience de découverte.

    Astuce — Insistez sur la distinction entre personnes et rôles : « Ce qui se passera dans le jeu ne dit pas qui vous êtes, cela montre comment nous interprétons sous contrainte. »

  2. 2

    Répartition en cultures et installation séparée

    5 à 10 min

    L’animateur divise le groupe en deux cultures, Alpha et Beta, avec un effectif équilibré autant que possible. Chaque culture rejoint une salle séparée, sans contact visuel ni sonore avec l’autre. L’animateur désigne, si nécessaire, un co-animateur pour accompagner l’une des deux salles, car les apprentissages doivent se faire en parallèle. Il explique : « À partir de maintenant, vous appartenez à votre culture ; votre rôle est d’en apprendre les règles et de les faire vivre. » Les supports officiels du kit sont distribués uniquement dans la salle concernée.

    Astuce — Préparez les salles avant l’arrivée du groupe : signalétique discrète, portes fermées, matériel prêt. La séparation physique renforce l’immersion et évite les fuites d’information.

  3. 3

    Apprentissage des règles culturelles

    20 à 35 min

    Dans chaque salle, l’animateur ou le co-animateur fait apprendre les règles, valeurs et comportements propres à la culture concernée à partir du matériel officiel BaFá BaFá. Il ne reformule pas librement les règles propriétaires : il suit les consignes du kit édité et vérifie que les participants savent les appliquer. Il rappelle l’intention générale : Alpha est une culture relationnelle et hiérarchisée ; Beta est orientée vers l’échange commercial et utilise une langue codée. Les participants s’entraînent entre eux jusqu’à ce que la culture fonctionne sans explication extérieure. L’objectif est de créer un système cohérent, pas de caricaturer une culture réelle.

    Astuce — Avant d’envoyer des visiteurs, testez la fluidité : si les participants vous posent encore des questions de règle, prolongez l’entraînement plutôt que de lancer trop tôt.

  4. 4

    Premiers observateurs silencieux

    10 à 20 min

    L’animateur envoie un ou plusieurs observateurs d’une culture vers l’autre, selon les consignes du kit et la taille du groupe. Il leur dit : « Vous observez sans chercher à tout comprendre immédiatement. Notez ce que vous voyez, ce que vous ressentez et les hypothèses que vous formulez. » Les observateurs restent dans la culture visitée un temps court, puis reviennent auprès des leurs. Ils décrivent les comportements observés, les règles supposées et les émotions ressenties. Le groupe d’origine écoute et commence à construire une représentation de l’autre culture.

    Astuce — Demandez aux observateurs de séparer trois colonnes : faits vus, interprétations, émotions. Cette simple distinction enrichit fortement le débrief final.

  5. 5

    Visites actives et tentatives d’intégration

    20 à 40 min

    L’animateur organise ensuite l’envoi de visiteurs qui entrent dans l’autre culture et tentent d’y participer. Il annonce : « Votre objectif n’est pas de gagner contre l’autre culture, mais de comprendre comment y agir de façon acceptable. » Les membres de chaque culture continuent à appliquer leurs règles sans les expliquer explicitement, conformément au fonctionnement de la simulation. Les visiteurs reviennent ensuite raconter ce qu’ils pensent avoir compris et conseiller les prochains envoyés. Plusieurs rotations peuvent être menées pour faire évoluer les hypothèses et les stratégies.

    Astuce — Surveillez le niveau de tension : si les participants rient de l’autre culture ou deviennent trop compétitifs, recadrez brièvement sur la curiosité et l’apprentissage.

  6. 6

    Retour à chaud et sortie des rôles

    10 à 15 min

    L’animateur réunit tout le monde dans une même salle et marque clairement la fin de la simulation : « Le jeu est terminé, nous quittons les rôles Alpha et Beta. » Il invite chacun à respirer, à se rasseoir avec des personnes de l’autre groupe et à nommer en un mot son état du moment. Il demande ensuite aux participants de raconter brièvement ce qu’ils ont vécu, sans débat ni justification. Cette étape sert à faire retomber l’intensité émotionnelle avant l’analyse. L’animateur veille à ce que personne ne reste enfermé dans une étiquette de comportement jouée pendant la simulation.

    Astuce — Utilisez les prénoms réels dès cette étape, plus les noms des cultures, pour aider le groupe à revenir au cadre de formation.

  7. 7

    Débrief structuré : faits, interprétations, apprentissages

    30 à 50 min

    L’animateur conduit le débrief en trois temps : ce qui a été observé, ce qui a été interprété, puis ce que cela dit des rencontres interculturelles. Il fait expliciter les stéréotypes apparus : « Quels mots avez-vous utilisés pour décrire l’autre groupe ? Sur quelles preuves reposaient-ils ? » Il met en lumière les erreurs d’interprétation, le sentiment d’être étranger et les stratégies d’adaptation. Il relie enfin l’expérience aux situations professionnelles ou sociales des participants. Le but n’est pas d’identifier une culture meilleure, mais de comprendre comment nous fabriquons du sens avec des indices incomplets.

    Astuce — Écrivez au tableau deux colonnes, « faits observables » et « histoires que nous nous sommes racontées ». C’est souvent le moment le plus révélateur du jeu.

Variantes

  • Version courte : limiter le nombre de rotations de visiteurs et consacrer au moins un tiers du temps total au débrief. Cette variante convient si l’objectif principal est la prise de conscience plutôt que l’exploration fine des stratégies d’adaptation.
  • Version observateurs renforcés : attribuer à quelques participants un rôle d’observateur transversal, sans intervention dans les cultures. Ils documentent les faits, les interprétations entendues et les émotions visibles pour nourrir le débrief.
  • Version équipe projet : après le débrief, demander aux participants de traduire les apprentissages en règles de coopération pour un projet multiculturel ou inter-métiers. Chaque sous-groupe propose trois pratiques concrètes pour éviter les malentendus.
  • À distance : non recommandé comme équivalent complet, car la simulation repose fortement sur la séparation physique, les interactions incarnées et l’immersion. Si nécessaire, utiliser seulement un débrief inspiré du jeu à partir de témoignages d’étrangeté culturelle, sans prétendre reproduire BaFá BaFá.

Guide de débrief

  • À quel moment vous êtes-vous senti étranger, exclu ou déstabilisé, et qu’avez-vous fait pour retrouver du contrôle ?
  • Quels jugements avez-vous portés sur l’autre culture, et quels faits observables les soutenaient réellement ?
  • Quelles hypothèses se sont révélées fausses, incomplètes ou trop rapides au fil des visites ?
  • Comment votre propre culture de départ a-t-elle influencé ce que vous trouviez normal, poli, efficace ou absurde ?
  • Quels comportements ont aidé à comprendre l’autre culture : observation, imitation, questionnement, retrait, prise de risque ?
  • Dans vos contextes professionnels, où voyez-vous des situations similaires de langage codé, de règles implicites ou de hiérarchie invisible ?
  • Que pourriez-vous faire différemment lors d’une prochaine rencontre avec un groupe dont vous ne maîtrisez pas les codes ?