
La Fresque de la Biodiversité
Comprendre en équipe l’érosion de la biodiversité, ses causes, ses impacts et les leviers d’action.
La Fresque de la Biodiversité est un atelier collaboratif d’environ 3 heures, conçu par l’Association La Fresque de la Biodiversité. Inspiré du modèle de la Fresque du Climat, il s’appuie sur les travaux de l’IPBES, la plateforme scientifique internationale sur la biodiversité. Par table de 4 à 8 participants avec un animateur formé, le groupe relie des cartes pour comprendre la biodiversité, les services qu’elle rend, les pressions qui l’érodent et les conséquences pour les sociétés humaines. L’atelier se termine par un temps de partage des émotions et d’identification de pistes d’action.
Déroulé
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Accueil, cadre et intention
10 minL’animateur accueille les 4 à 8 participants autour d’une table et vérifie que chacun voit bien l’espace de travail. Il pose le cadre : « Pendant 3 heures, nous allons construire ensemble une compréhension systémique de la biodiversité, à partir de cartes issues du kit officiel. » Il précise que l’objectif n’est pas de tester les connaissances, mais de raisonner collectivement. Les participants se présentent brièvement et partagent, en un mot, ce que leur évoque la biodiversité. Cette étape installe la sécurité, la curiosité et le droit à l’erreur.
Astuce — Dès le départ, insistez sur le fait que le groupe apprend ensemble : cela évite qu’une personne experte prenne toute la place ou qu’un participant moins informé se mette en retrait.
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Présentation du principe de la fresque
10 minL’animateur explique le fonctionnement sans dévoiler le contenu des cartes : les participants recevront progressivement des lots de cartes officielles, les liront, puis les relieront par des liens de cause à effet. Il dit : « Votre mission est de discuter, placer, déplacer et relier les cartes pour rendre visible le système. » Il rappelle que les cartes ne doivent pas être recopiées ou reproduites en dehors du cadre prévu par l’association. Les participants posent leurs questions de compréhension sur la méthode. Le but est de clarifier les règles du jeu avant d’entrer dans le contenu.
Astuce — Gardez les explications courtes : les participants comprendront surtout en manipulant les cartes. Si une question porte déjà sur le fond, notez-la et proposez d’y revenir pendant la construction.
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Construction collaborative de la fresque
90 minL’animateur distribue les lots de cartes du kit officiel selon la progression prévue par La Fresque de la Biodiversité. À chaque lot, il invite le groupe à lire les cartes, à débattre de leur position et à tracer ou matérialiser les liens pertinents. Il relance avec des questions comme : « Qu’est-ce qui influence quoi ? », « Quelle carte semble être une cause, laquelle une conséquence ? » Les participants construisent progressivement une représentation commune de la biodiversité, des services rendus aux sociétés humaines, des pressions et des impacts. L’animateur facilite sans faire à la place du groupe.
Astuce — Résistez à l’envie de corriger immédiatement. Laissez le groupe argumenter, puis utilisez une question courte pour faire émerger l’ajustement : « Quelle preuve avez-vous dans les cartes ? »
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Mise en évidence des grandes pressions
25 minUne fois la structure principale posée, l’animateur aide le groupe à repérer explicitement les grandes pressions responsables de l’érosion de la biodiversité. Il nomme et fait localiser dans la fresque le changement d’usage des terres et des mers, la surexploitation, le changement climatique, les pollutions et les espèces exotiques envahissantes. Il demande : « Lesquelles voyez-vous le plus dans vos métiers, vos territoires ou vos choix quotidiens ? » Les participants relient ces pressions aux conséquences visibles dans leur fresque. Cette étape ancre le raisonnement scientifique dans des situations concrètes.
Astuce — Faites nommer les cinq pressions à voix haute par le groupe avant de passer à la suite. Cela consolide la mémorisation et évite que l’atelier reste une simple manipulation de cartes.
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Appropriation créative et narration
20 minL’animateur invite le groupe à donner une forme lisible à sa fresque : titre, regroupements visuels, flèches clarifiées, mots-clés ou illustrations si le format le permet. Il dit : « Votre fresque doit pouvoir être comprise par quelqu’un qui arrive maintenant dans la salle. » Les participants organisent l’espace, choisissent ce qu’ils veulent mettre en valeur et préparent une courte lecture de leur système. Cette phase transforme la compréhension en récit collectif. Elle permet aussi de faire ressortir les points de bascule, les interdépendances et les messages forts.
Astuce — Si le groupe se perd dans l’esthétique, ramenez-le à la lisibilité : un bon titre, des liens compréhensibles et deux ou trois messages clés valent mieux qu’une fresque très décorée mais confuse.
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Restitution et clarification
15 minL’animateur demande aux participants de raconter leur fresque en quelques minutes, en partant de ce qu’est la biodiversité, puis des services qu’elle rend, des pressions et des conséquences. Il écoute les formulations, complète si nécessaire et reformule les points essentiels en restant fidèle au kit officiel et aux travaux de l’IPBES. Les participants peuvent poser leurs dernières questions de compréhension. L’animateur veille à distinguer ce qui est établi dans l’atelier, ce qui relève d’un exemple local et ce qui nécessiterait une source complémentaire. Cette étape sécurise les apprentissages avant le débrief émotionnel.
Astuce — Demandez une restitution tournante : chaque participant explique une partie. Cela évite que la personne la plus à l’aise monopolise la synthèse et permet de vérifier l’appropriation réelle.
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Débrief émotionnel et pistes d’action
30 minL’animateur ouvre un temps de parole sur le vécu : « Qu’est-ce que cette fresque vous fait ressentir ? Qu’est-ce qui vous surprend, vous inquiète ou vous donne envie d’agir ? » Il accueille les émotions sans chercher à les corriger, puis oriente vers les pistes d’action individuelles, collectives, professionnelles ou territoriales. Les participants identifient quelques leviers réalistes à explorer après l’atelier. L’animateur conclut en rappelant que la compréhension systémique sert à choisir des actions plus pertinentes. Il renvoie vers l’Association La Fresque de la Biodiversité pour les ressources, formations et supports officiels.
Astuce — Ne passez pas trop vite des émotions aux solutions. Laissez un silence après la première question : c’est souvent là que les prises de conscience les plus authentiques émergent.
Variantes
- Format inter-équipes : si plusieurs tables jouent en parallèle, chaque groupe construit sa fresque avec un animateur formé, puis partage en plénière un message clé, une surprise et une piste d’action.
- Format orienté métier : lors du débrief, demander aux participants de relier les pressions et conséquences à leur secteur d’activité, sans modifier les règles ni le contenu officiel de l’atelier.
- Format distanciel : utiliser le dispositif en ligne prévu ou recommandé par l’Association La Fresque de la Biodiversité, avec un tableau collaboratif, des sous-groupes de 4 à 8 et un animateur formé par groupe.
- Format sensibilisation interne : conserver la durée d’environ 3 heures, puis ajouter après l’atelier un temps séparé de traduction en engagements d’équipe, afin de ne pas réduire le temps de compréhension et de débrief.
Guide de débrief
- Qu’avez-vous compris aujourd’hui de la biodiversité que vous ne perceviez pas clairement avant l’atelier ?
- Quel lien de cause à effet vous a le plus marqué dans la fresque, et pourquoi ?
- Parmi les grandes pressions identifiées, laquelle vous semble la plus présente dans votre contexte personnel ou professionnel ?
- Quelles émotions l’atelier a-t-il fait émerger chez vous, et que peuvent-elles vous apprendre ?
- Quels services rendus par la biodiversité aux sociétés humaines vous paraissent les plus invisibles ou sous-estimés ?
- Quelle action concrète, individuelle ou collective, pourriez-vous initier ou renforcer après cet atelier ?
- De quoi auriez-vous besoin pour passer de la prise de conscience à l’action durable ?