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Draw Toast (dessine-moi un toast)

Draw Toast (dessine-moi un toast)

Visualiser nos modèles mentaux pour mieux comprendre un système et construire une représentation commune.

Durée · 30–60 min
Participants · 3–40
Niveau · Débutant

Draw Toast, ou « dessine-moi un toast », est un atelier de pensée systémique conçu par Tom Wujec. Les participants dessinent d’abord, sans mots, comment faire un toast, puis observent la diversité des modèles produits. Le jeu met en évidence les nœuds, c’est-à-dire les objets ou étapes, et les liens, souvent représentés par des flèches. Il permet ensuite d’appliquer la même démarche à un vrai problème de l’organisation afin de produire un modèle partagé.

Déroulé

  1. 1

    Cadrer l’intention et les règles du jeu

    5 min

    L’animateur présente l’objectif : « Nous allons voir comment chacun se représente un système simple, puis utiliser cette méthode sur un sujet réel. » Il précise que le premier sujet est volontairement banal : faire un toast, c’est-à-dire du pain grillé. Il annonce les trois principes : dessiner sans mots, représenter des étapes ou objets, puis relier ce qui dépend de quoi. Les participants doivent comprendre qu’il ne s’agit pas de bien dessiner, mais de rendre visible un modèle mental.

    Astuce — Rassurez immédiatement les personnes qui disent ne pas savoir dessiner : interdisez le jugement esthétique et valorisez les pictogrammes, les traits simples et les flèches.

  2. 2

    Dessiner individuellement comment faire un toast

    7 à 10 min

    L’animateur distribue une feuille à chaque participant et donne la consigne : « Dessinez, sans utiliser de mots, comment faire un toast. Vous pouvez utiliser des objets, des étapes, des flèches ou tout autre symbole visuel. » Chacun travaille seul, en silence, sans regarder la feuille des autres. L’absence de mots est importante : elle force à choisir ce qui compte vraiment dans le système. L’animateur circule uniquement pour rappeler la règle si des mots apparaissent, sans suggérer de contenu.

    Astuce — Si quelqu’un bloque, dites simplement : « Commencez par un premier objet ou une première action, puis ajoutez ce qui vient avant ou après. » N’aidez pas davantage, sinon vous influencez le modèle.

  3. 3

    Comparer les dessins et nommer nœuds et liens

    8 à 12 min

    Les participants affichent ou posent leurs dessins de manière visible, puis circulent pour les observer. L’animateur demande : « Qu’est-ce qui se ressemble ? Qu’est-ce qui diffère ? Où voyez-vous des étapes, des objets, des flèches ? » Il introduit le vocabulaire : les nœuds sont les objets ou étapes, les liens sont les relations entre eux, souvent représentées par des flèches. Le groupe constate que, pour une tâche simple, les modèles mentaux peuvent être très différents.

    Astuce — Faites observer les différences sans chercher le meilleur dessin : certains modèles seront linéaires, d’autres plus détaillés ou plus circulaires, et c’est précisément la matière utile.

  4. 4

    Refaire le toast avec un nœud par carte

    8 à 12 min

    L’animateur distribue des post-it ou des cartes et donne la nouvelle consigne : « Représentez à nouveau comment faire un toast, mais cette fois avec un seul nœud par carte : un objet ou une étape par carte. » Les participants peuvent ajouter des flèches ou organiser les cartes pour montrer les liens. Cette contrainte rend le modèle modulable : on peut déplacer, regrouper, supprimer ou compléter les éléments. Chacun reconstruit ainsi son système de façon plus explicite et plus facile à réorganiser.

    Astuce — Insistez sur « un nœud par carte » avant de démarrer : c’est la règle qui rend possible la fusion collective ensuite.

  5. 5

    Fusionner en silence un modèle commun

    10 à 15 min

    L’animateur rassemble le groupe autour d’un mur, d’une table ou d’un tableau et annonce : « Maintenant, vous allez fusionner toutes vos cartes en un seul modèle commun, en silence. Vous pouvez déplacer, regrouper, rapprocher ou relier les cartes, mais sans parler. » Les participants construisent ensemble une représentation partagée à partir de leurs nœuds et liens. Le silence évite que les personnes les plus rapides ou les plus influentes imposent leur logique. L’animateur observe les mouvements, les hésitations et les convergences sans intervenir sur le contenu.

    Astuce — Préparez un espace large : si le support est trop petit, le groupe empile les cartes trop tôt et perd la richesse des différences.

  6. 6

    Appliquer la méthode à un vrai problème de l’organisation

    15 à 25 min

    L’animateur choisit avec le groupe un problème réel de l’organisation, formulé comme un système à comprendre. Il donne la consigne : « Comme pour le toast, identifiez les nœuds importants — acteurs, étapes, objets, événements — puis rendez visibles les liens entre eux. » Les participants travaillent sur cartes ou post-it, avec un nœud par carte, afin de pouvoir réorganiser le modèle. Le groupe peut ensuite fusionner les cartes pour produire une représentation commune du problème. L’objectif n’est pas encore de résoudre, mais de mieux voir ce qui compose le système.

    Astuce — Choisissez un sujet assez concret pour être dessiné : évitez les formulations abstraites, et reformulez en « comment fonctionne… ? » plutôt qu’en débat d’opinions.

  7. 7

    Débriefer les apprentissages et les suites

    7 à 12 min

    L’animateur ramène le groupe sur le processus vécu : « Qu’avons-nous rendu visible que nous ne voyions pas au départ ? » Il fait distinguer les contenus du modèle et la manière dont le groupe l’a construit. Les participants identifient les écarts de représentation, les points de consensus et les zones encore floues. L’animateur conclut en demandant quelles cartes, quels liens ou quelles questions méritent d’être approfondis après l’atelier. La sortie attendue est une meilleure compréhension partagée du système, pas une solution exhaustive.

    Astuce — Photographiez les modèles à chaque étape : le dessin individuel, les cartes, puis le modèle commun racontent l’évolution de la compréhension collective.

Variantes

  • En version courte, limiter l’atelier au toast : dessin individuel, comparaison, puis reconstruction avec un nœud par carte. Cette variante sert d’introduction rapide à la pensée systémique.
  • En version approfondie, consacrer la majorité du temps au problème réel de l’organisation après l’exercice du toast. Le toast devient alors un entraînement avant de traiter un sujet complexe.
  • À distance, utiliser un tableau blanc collaboratif : chaque participant dessine d’abord dans une zone personnelle, puis crée des cartes numériques avec un nœud par carte. La fusion collective se fait ensuite en silence, par déplacement des cartes dans une zone commune.
  • Pour un grand groupe, constituer plusieurs sous-groupes qui produisent chacun un modèle commun, puis comparer les modèles obtenus. Cette variante fait ressortir les différences de lecture entre équipes ou métiers.

Guide de débrief

  • Qu’avez-vous découvert sur votre propre manière de représenter un système simple ?
  • Quelles différences marquantes avez-vous vues entre les modèles individuels ?
  • Quels nœuds ou liens étaient évidents pour certains et absents chez d’autres ?
  • Qu’est-ce que le passage aux cartes a rendu possible par rapport au dessin sur feuille ?
  • Comment le silence a-t-il influencé la construction du modèle commun ?
  • Sur le problème réel, quelles zones du système restent floues ou controversées ?
  • Quelle action ou investigation serait utile maintenant que le système est mieux visible ?