
Les 9 pourquoi (Nine Whys)
Clarifier la finalité profonde d’un travail en allant, en binôme, jusqu’à neuf niveaux de « pourquoi ».
Les 9 pourquoi, ou Nine Whys, est une structure libérante d’Henri Lipmanowicz et Keith McCandless. Le jeu sert à clarifier la raison d’être d’un travail, d’un sujet ou d’une initiative, en distinguant ce que l’on fait de ce qui le rend vraiment important. En binômes, une personne questionne l’autre jusqu’à neuf fois avec « pourquoi est-ce important pour toi ? », puis les rôles s’inversent. Les participants partagent ensuite en quatuors, puis une synthèse collective fait émerger les finalités profondes.
Déroulé
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Cadrer l’intention et choisir le sujet
3 minL’animateur présente l’objectif : « Nous allons clarifier pourquoi ce travail compte vraiment, au-delà des tâches et des livrables. » Il précise que l’exercice ne cherche pas la cause racine d’un problème : ce n’est pas les 5 pourquoi. Il invite chacun à garder en tête un sujet réel de travail, d’équipe, de projet ou de transformation. Les participants écoutent et choisissent silencieusement le sujet qu’ils veulent explorer.
Astuce — Insistez dès le départ sur la différence avec une analyse de problème : si quelqu’un commence à chercher des causes, ramenez-le vers la finalité avec « en quoi est-ce important ? ».
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Former les binômes et expliquer le questionnement
3 minL’animateur constitue des binômes et désigne une personne A et une personne B. Il donne la consigne exacte : « A commence par demander à B : que fais-tu quand tu travailles sur ce sujet ? Puis A demande : pourquoi est-ce important pour toi ? » Il explique que A repose ensuite la question « pourquoi est-ce important pour toi ? » jusqu’à neuf fois, en s’appuyant sur la réponse précédente. B répond brièvement, sans chercher la formulation parfaite.
Astuce — Demandez à l’intervieweur de compter discrètement les pourquoi sur ses doigts : cela aide à tenir la profondeur sans interrompre le fil de parole.
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Premier entretien : A interroge B
5 minL’animateur lance le chronomètre pour 5 minutes et rappelle : « A questionne, B répond ; A n’explique pas, ne conseille pas et ne débat pas. » A commence par « que fais-tu quand tu travailles sur ce sujet ? », puis enchaîne avec les pourquoi successifs, jusqu’à neuf si le temps le permet. B répond à partir de son expérience personnelle, même si les réponses deviennent plus simples ou plus profondes. L’objectif est de remonter de l’activité visible vers la raison d’être.
Astuce — Si le binôme se bloque, proposez à A de reprendre mot pour mot un élément de la réponse de B : « Pourquoi cela, précisément, est important pour toi ? ».
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Deuxième entretien : B interroge A
5 minL’animateur annonce l’inversion des rôles : « Même structure, même exigence d’écoute, cette fois B interroge A pendant 5 minutes. » B commence par demander ce que A fait quand il ou elle travaille sur le sujet choisi. Puis B répète « pourquoi est-ce important pour toi ? » jusqu’à neuf fois, sans transformer l’échange en conversation. A répond de façon concise et personnelle, en laissant apparaître ce qui compte vraiment.
Astuce — Rappelez que le silence est utile : après un pourquoi profond, laissez quelques secondes avant de relancer, car la meilleure réponse arrive souvent après la première hésitation.
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Partager en quatuors
5 minChaque binôme rejoint un autre binôme pour former un groupe de quatre. L’animateur donne la consigne : « Partagez ce que vous avez découvert sur la finalité de votre travail, pas tout le détail de l’entretien. » Chacun dispose d’un court temps de parole pour nommer une formulation, une prise de conscience ou une surprise. Le groupe repère les mots, intentions ou raisons d’être qui se rejoignent entre les quatre personnes.
Astuce — Invitez les participants à parler en « je » plutôt qu’en généralités : cela évite les slogans et garde la puissance de l’exploration personnelle.
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Synthèse en plénière
5 à 8 minL’animateur rassemble tout le monde et demande : « Quelles finalités profondes avez-vous entendues ou formulées ? » Il collecte quelques phrases courtes, sans chercher à tout restituer ni à classer trop vite. Il peut noter les formulations visibles par tous afin de faire apparaître les convergences. La synthèse sert à relier les motivations individuelles à la raison d’être collective du travail.
Astuce — Ne corrigez pas les mots des participants : une formulation imparfaite mais authentique vaut mieux qu’une phrase institutionnelle trop lisse.
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Clôturer et ancrer l’usage
2 à 4 minL’animateur conclut en demandant à chacun de retenir une phrase ou un mot qui donne du sens à son action. Il rappelle que les 9 pourquoi peuvent être réutilisés avant de lancer un projet, de redéfinir une mission ou d’aligner une équipe. Il invite les participants à noter la formulation qui leur semble la plus vivante. La clôture transforme l’introspection en ressource mobilisable pour la suite du travail.
Astuce — Terminez par une formulation individuelle écrite : elle évite que l’énergie du moment se dilue dès la reprise des discussions opérationnelles.
Variantes
- Variante courte : limiter la synthèse plénière à une phrase par quatuor, en demandant uniquement « quelle finalité commune avez-vous entendue ? » pour tenir un format proche de 20 minutes.
- Variante d’équipe : faire explorer à chacun le même sujet collectif, par exemple un projet ou une mission commune, puis comparer en plénière les formulations de raison d’être qui émergent.
- Variante à distance : créer des binômes en salles séparées pendant 5 minutes, inverser les rôles dans les mêmes salles, puis regrouper deux binômes en salle de quatre avant le retour en plénière.
- Variante d’ancrage : après la synthèse, demander à chacun d’écrire une phrase commençant par « Ce travail est important pour moi parce que… » et de la conserver comme repère.
Guide de débrief
- À quel moment avez-vous senti que vous quittiez la description des tâches pour toucher la finalité du travail ?
- Qu’est-ce qui a changé entre votre première réponse et vos réponses après plusieurs « pourquoi » ?
- Quelle réponse vous a surpris, ému ou déplacé dans votre manière de voir le sujet ?
- Quelles finalités communes sont apparues entre les personnes, malgré des activités différentes ?
- Qu’est-ce que cette clarification de raison d’être peut changer dans vos priorités ou vos décisions ?
- Comment pourriez-vous utiliser les 9 pourquoi dans un prochain projet, une réunion ou un travail d’équipe ?