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Cartographie des parties prenantes (matrice pouvoir / intérêt)

Cartographie des parties prenantes (matrice pouvoir / intérêt)

Visualiser qui compte vraiment dans un projet et choisir la bonne stratégie d’engagement.

Durée · 45–90 min
Participants · 3–12
Niveau · Débutant

La cartographie des parties prenantes est un atelier d’analyse inspiré de la matrice pouvoir / intérêt, d’après Aubrey Mendelow. Les participants identifient les personnes et groupes concernés par un projet, puis les positionnent selon leur pouvoir d’influence et leur intérêt pour le projet. La matrice fait apparaître quatre stratégies : gérer de près, satisfaire, tenir informé ou surveiller. L’exercice aide à sortir des impressions floues pour construire des actions de communication ciblées.

Déroulé

  1. 1

    Cadrer le projet et la règle du jeu

    5 à 10 min

    L’animateur commence par nommer le projet analysé et vérifie que tout le monde parle bien du même périmètre. Il dit : « Nous allons cartographier les personnes et groupes concernés par ce projet, puis décider comment les engager. Ce n’est pas un jugement de valeur, c’est une photographie utile pour agir. » Il présente les deux axes : pouvoir d’influence de faible à fort, et intérêt pour le projet de faible à fort. Les participants peuvent poser des questions de clarification avant de produire les post-it.

    Astuce — Faites écrire le périmètre exact du projet en haut du support ; cela évite que certains placent des acteurs par rapport à l’organisation entière et d’autres par rapport à une initiative beaucoup plus étroite.

  2. 2

    Lister les parties prenantes

    10 à 15 min

    Chaque participant note toutes les parties prenantes auxquelles il pense, avec une seule personne ou un seul groupe par post-it. L’animateur précise : « Cherchez large : décideurs, utilisateurs, équipes impactées, partenaires, relais, groupes concernés directement ou indirectement. » Les participants travaillent d’abord en silence pour éviter l’effet de groupe, puis affichent leurs post-it. L’objectif est l’exhaustivité avant toute discussion sur l’importance.

    Astuce — Si le groupe sèche, relancez par cercles : qui décide, qui utilise, qui finance, qui réalise, qui peut bloquer, qui subit les conséquences ? Gardez ces relances orales pour ne pas enfermer la réflexion.

  3. 3

    Regrouper et clarifier les acteurs

    5 à 10 min

    L’animateur lit les post-it à voix haute et fait regrouper les doublons ou formulations proches. Il demande : « Est-ce la même partie prenante ou deux acteurs avec des intérêts différents ? » Les participants fusionnent seulement lorsque le groupe est d’accord, sinon les post-it restent séparés. Cette étape garantit que la cartographie repose sur des acteurs suffisamment précis pour décider d’actions utiles.

    Astuce — Évitez les catégories trop larges comme “la direction” si elles masquent des positions différentes. Mieux vaut deux post-it distincts qu’un acteur flou impossible à engager correctement.

  4. 4

    Placer sur la matrice pouvoir / intérêt

    15 à 25 min

    L’animateur trace une matrice à deux axes : horizontalement, l’intérêt pour le projet de faible à fort ; verticalement, le pouvoir d’influence de faible à fort. Pour chaque post-it, le groupe débat rapidement et le positionne à l’endroit jugé le plus juste. Il rappelle : « Le pouvoir désigne la capacité à influencer le projet ; l’intérêt désigne le niveau d’attention ou d’enjeu perçu pour cet acteur. » Les désaccords sont notés ou tranchés par un placement provisoire.

    Astuce — Demandez des faits observables avant de déplacer un post-it : décision possible, budget, expertise clé, usage réel, impact subi. Cela évite les placements fondés uniquement sur la réputation ou l’affect.

  5. 5

    Lire les quatre zones et attribuer les stratégies

    10 à 15 min

    L’animateur nomme les quatre zones de la matrice et écrit la stratégie associée. Pouvoir fort et intérêt fort : gérer de près. Pouvoir fort et intérêt faible : satisfaire. Pouvoir faible et intérêt fort : tenir informé. Pouvoir faible et intérêt faible : surveiller. Le groupe relit chaque post-it à la lumière de cette stratégie et vérifie que le placement produit une action cohérente.

    Astuce — Insistez sur le fait que “surveiller” ne veut pas dire ignorer et que “satisfaire” ne veut pas dire sur-solliciter. Les mots sont des stratégies de dosage, pas des étiquettes définitives.

  6. 6

    Ajouter l’attitude des parties prenantes

    5 à 10 min

    L’animateur propose d’ajouter une couleur ou un symbole pour qualifier l’attitude actuelle de chaque acteur : soutien, neutre ou opposant. Il dit : « Nous ne cherchons pas à juger les personnes, mais à comprendre leur posture visible aujourd’hui vis-à-vis du projet. » Les participants choisissent collectivement la couleur ou le symbole et l’ajoutent sur chaque post-it. Cette couche rend visibles les alliés, les acteurs à rassurer et les résistances à traiter.

    Astuce — Si le groupe hésite entre neutre et opposant, demandez : “Que ferait cet acteur si le projet démarrait demain ?” La réponse comportementale aide à dépasser les suppositions.

  7. 7

    Définir les actions de communication

    10 à 20 min

    Pour chaque partie prenante prioritaire, le groupe définit une action de communication adaptée à sa zone et à son attitude. L’animateur guide : « Que devons-nous faire, avec quel message, par quel canal, et qui s’en charge ? » Les acteurs à gérer de près demandent une attention active ; ceux à satisfaire doivent recevoir juste assez d’information pour rester favorables ; ceux à tenir informés ont besoin de visibilité ; ceux à surveiller sont suivis légèrement. Les actions sont notées directement près des post-it ou dans un tableau.

    Astuce — Commencez par les acteurs pouvoir fort / intérêt fort, puis pouvoir fort / intérêt faible. C’est souvent là que se trouvent les risques politiques ou décisionnels les plus coûteux.

  8. 8

    Clore et transformer la carte en plan vivant

    5 min

    L’animateur fait relire la matrice complète et demande au groupe de repérer les trois enseignements principaux. Il dit : « Cette carte n’est pas figée : elle devra être revue quand le projet, les acteurs ou leurs attitudes évoluent. » Les participants valident les prochaines actions, les responsables et les points nécessitant vérification. La clôture transforme l’analyse collective en support concret de pilotage et de communication.

    Astuce — Photographiez la matrice ou exportez le tableau immédiatement, puis fixez une date de révision. Sans ce rituel, la carte devient vite un livrable oublié plutôt qu’un outil de conduite du projet.

Variantes

  • Version rapide en 45 minutes : limitez la liste aux acteurs majeurs, placez-les directement sur la matrice, puis définissez seulement une action pour les parties prenantes à pouvoir fort.
  • Version approfondie en 90 minutes : ajoutez systématiquement l’attitude soutien, neutre ou opposant, puis construisez un mini-plan de communication par acteur avec responsable et prochaine étape.
  • Variante à distance : utilisez un tableau blanc collaboratif avec une matrice préparée, un post-it virtuel par partie prenante et une couleur pour l’attitude. Faites produire en silence, puis animez les déplacements en partage d’écran.
  • Variante d’alignement équipe : faites d’abord placer individuellement les mêmes acteurs, puis comparez les écarts de positionnement. Les écarts deviennent la matière principale de discussion.

Guide de débrief

  • Quels acteurs avions-nous tendance à sous-estimer avant de les placer sur la matrice ?
  • Où avons-nous eu le plus de désaccords : sur le pouvoir, sur l’intérêt ou sur l’attitude ? Qu’est-ce que cela révèle ?
  • Quels acteurs doivent être engagés différemment dès maintenant pour réduire un risque ou accélérer le projet ?
  • Quelles hypothèses avons-nous posées sans preuve suffisante et devons-nous vérifier rapidement ?
  • Quels soutiens pouvons-nous mobiliser plus activement, sans les surcharger ?
  • Quelle action de communication aura le plus d’effet avec le moins d’effort dans les prochains jours ?