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Ecocycle Planning

Ecocycle Planning

Cartographier un portefeuille d’activités pour décider quoi arrêter, renforcer ou lancer.

Durée · 60–95 min
Participants · 4–40
Niveau · Intermédiaire

Ecocycle Planning est une structure libérante d’Henri Lipmanowicz et Keith McCandless, conçue pour passer en revue un portefeuille d’activités, de projets ou d’initiatives. Le groupe positionne chaque élément sur une boucle en forme de huit couché, composée de quatre phases : naissance, maturité, destruction créatrice et renouveau. L’exercice rend visibles deux pièges fréquents : la rigidité, quand on s’accroche à ce qui devrait s’arrêter, et la pauvreté, quand on n’investit pas assez dans ce qui émerge. Il aide à prendre des décisions concrètes : arrêter, renforcer ou lancer.

Déroulé

  1. 1

    Cadrer l’intention et le portefeuille à examiner

    5 à 10 min

    L’animateur ouvre en nommant l’objet précis de la revue : portefeuille de projets, activités d’équipe, offres, rituels, chantiers ou initiatives. Il dit : « Nous allons regarder l’ensemble, pas défendre chaque sujet un par un. L’objectif est de décider ce qu’il faut arrêter, renforcer ou lancer. » Les participants vérifient que le périmètre est clair et proposent les derniers ajustements. Cette étape évite de mélanger des niveaux trop différents et sécurise la prise de décision collective.

    Astuce — Faites écrire le périmètre en une phrase visible par tous. Si quelqu’un ajoute un sujet hors champ, notez-le dans un parking plutôt que d’élargir l’exercice en cours.

  2. 2

    Présenter la boucle Ecocycle et ses zones

    10 min

    L’animateur dessine une boucle en forme de huit couché et nomme les quatre phases : naissance, maturité, destruction créatrice et renouveau. Il explique : « Une activité peut émerger, produire pleinement de la valeur, devoir être arrêtée ou transformée, puis nourrir un nouveau cycle. » Il ajoute les deux pièges : rigidité, quand on s’accroche à ce qui devrait s’arrêter ; pauvreté, quand on n’investit pas assez dans ce qui émerge. Les participants peuvent poser des questions de compréhension, sans encore débattre des projets.

    Astuce — Illustrez chaque phase avec un exemple neutre, non polémique, par exemple une pratique de travail. Gardez les exemples courts pour ne pas influencer le placement des activités réelles.

  3. 3

    Lister individuellement les activités

    8 à 12 min

    Chaque participant travaille seul et liste les activités, projets ou initiatives qu’il estime appartenir au portefeuille. L’animateur donne une consigne simple : « Écrivez un élément par note, avec un nom compréhensible par quelqu’un qui n’est pas dans votre tête. Ne jugez pas encore, listez. » Chacun produit ses notes en silence afin d’éviter l’effet d’autorité ou de groupe. Cette phase fait émerger la diversité des perceptions avant toute convergence.

    Astuce — Demandez des libellés concrets, pas des thèmes vagues. Si une note contient deux idées, faites-la séparer immédiatement : cela facilitera le placement et la décision plus tard.

  4. 4

    Placer seul les activités sur l’Ecocycle

    8 à 12 min

    Chaque participant positionne ses activités sur sa propre représentation de la boucle, ou les classe mentalement avant de les partager. L’animateur rappelle : « Placez selon votre perception actuelle : naissance, maturité, destruction créatrice ou renouveau. Repérez aussi ce qui semble coincé dans la rigidité ou la pauvreté. » Les participants ne cherchent pas encore le consensus. Le but est de rendre explicites les intuitions individuelles et les tensions possibles dans le portefeuille.

    Astuce — Précisez qu’un placement n’est pas une accusation ni une vérité définitive. Cette phrase réduit fortement les postures défensives, surtout pour les activités portées par des personnes présentes.

  5. 5

    Comparer et consolider en petits groupes

    15 à 20 min

    Les participants se réunissent en petits groupes et comparent leurs listes et placements. L’animateur dit : « Regroupez les doublons, gardez les désaccords visibles et préparez une proposition de placement commun. Ne gommez pas une divergence importante : signalez-la. » Chaque groupe identifie les activités qui semblent à arrêter, à renforcer ou à lancer. Cette étape transforme les perceptions individuelles en hypothèses collectives, sans exiger encore l’accord de tout le monde.

    Astuce — Donnez aux groupes une règle pratique : si le désaccord persiste après une courte discussion, placez la note entre deux zones ou marquez-la d’un signe. Cela évite de bloquer sur un seul cas.

  6. 6

    Construire la carte commune

    15 à 25 min

    L’animateur affiche une grande boucle Ecocycle commune et invite les groupes à venir y placer leurs activités consolidées. Il facilite les rapprochements : doublons, formulations voisines, placements contradictoires ou zones très chargées. Il dit : « Nous cherchons une carte utile pour décider, pas une carte parfaite. Les désaccords importants restent visibles. » Le groupe entier observe alors la répartition : surinvestissement en maturité, initiatives en pauvreté, activités en rigidité ou manque de renouveau.

    Astuce — Ne laissez pas la discussion partir projet par projet trop tôt. Faites d’abord commenter la forme globale de la carte : zones vides, zones saturées, pièges visibles, surprises.

  7. 7

    Décider : arrêter, renforcer, lancer

    15 à 25 min

    À partir de la carte commune, l’animateur guide la décision collective. Il pose trois questions successives : « Qu’est-ce qui doit être arrêté ou détruit de façon créatrice ? Qu’est-ce qui mérite d’être renforcé ou protégé ? Qu’est-ce qui doit être lancé ou nourri ? » Les participants formulent des décisions concrètes, pas seulement des constats. Pour chaque décision retenue, le groupe nomme l’action suivante, le responsable ou porteur, et le premier jalon possible.

    Astuce — Insistez sur les verbes d’action : arrêter, fusionner, réduire, financer, tester, transférer, relancer. Une carte Ecocycle sans décisions explicites crée souvent de la frustration.

  8. 8

    Clore et sécuriser le passage à l’action

    5 à 10 min

    L’animateur relit les décisions prises et vérifie qu’elles sont comprises de la même manière par tous. Il demande : « Qu’est-ce qui doit être communiqué, à qui, et avec quelles précautions ? » Les participants identifient les points sensibles, notamment les activités placées dans la destruction créatrice ou la rigidité. La clôture transforme l’atelier en engagement de suivi et évite que la carte reste un simple diagnostic visuel.

    Astuce — Photographiez la carte avant de déplacer quoi que ce soit. Puis créez immédiatement une liste d’actions séparée : la photo garde la mémoire, la liste rend le suivi possible.

Variantes

  • Version courte : limiter le portefeuille à un sous-ensemble prioritaire, par exemple les projets du trimestre ou les rituels d’une équipe. Conserver les phases seul, petits groupes, groupe entier, mais réduire le temps de discussion sur chaque activité.
  • Version décision stratégique : inviter les participants à préparer en amont une liste d’activités majeures. Pendant l’atelier, consacrer davantage de temps à la décision finale : quoi arrêter, quoi renforcer, quoi lancer.
  • Version rétrospective d’équipe : utiliser Ecocycle Planning pour examiner les pratiques de travail, réunions, outils et habitudes. Cette variante est utile quand l’équipe veut libérer de la capacité sans ajouter de nouveaux chantiers.
  • Version à distance : utiliser un tableau blanc collaboratif avec une grande boucle Ecocycle, des notes virtuelles et des zones nommées naissance, maturité, destruction créatrice, renouveau, rigidité et pauvreté. Prévoir des sous-salles pour la consolidation en petits groupes, puis revenir en plénière pour construire la carte commune.

Guide de débrief

  • Qu’est-ce que la carte rend visible que nous ne voyions pas clairement avant l’atelier ?
  • Quelles activités semblent coincées dans le piège de la rigidité, et qu’est-ce qui nous empêche de les arrêter ?
  • Quelles initiatives risquent le piège de la pauvreté, et quel investissement minimal leur permettrait de progresser ?
  • Où consacrons-nous trop d’énergie au regard de la valeur réellement créée ?
  • Quelles décisions sont évidentes maintenant, même si elles sont inconfortables ?
  • Quels désaccords de placement méritent une conversation approfondie après l’atelier ?
  • Quel premier changement concret pouvons-nous engager dès maintenant dans notre portefeuille ?