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Prune the Product Tree (l'arbre produit)

Prune the Product Tree (l'arbre produit)

Co-construire une feuille de route produit en visualisant croissance, équilibre et dette technique.

Durée · 60–90 min
Participants · 4–12
Niveau · Débutant

Prune the Product Tree, ou l’arbre produit, est un jeu d’innovation issu des Innovation Games de Luke Hohmann. Il fait représenter un produit comme un arbre : le tronc pour le cœur existant, les branches pour les grands domaines fonctionnels et les racines pour l’infrastructure technique. Les participants positionnent des fonctionnalités sous forme de feuilles, proches du tronc si elles sont à réaliser bientôt, plus loin dans la canopée si elles sont envisagées plus tard. Le jeu aide à construire une feuille de route partagée, à repérer les déséquilibres et à élaguer ce qui n’a plus sa place.

Déroulé

  1. 1

    Cadrer l’intention et le périmètre

    10 min

    L’animateur accueille le groupe et précise l’objectif : « Nous allons construire une vision partagée de l’évolution du produit, pas produire une liste de demandes isolées. » Il rappelle que le jeu sert à visualiser le produit comme un organisme vivant qui grandit, s’équilibre et se taille. Les participants confirment le produit concerné, l’horizon de réflexion et les types d’idées attendues. L’animateur insiste sur le fait que les décisions finales pourront être retravaillées après l’atelier, mais que la carte obtenue servira de base de feuille de route.

    Astuce — Faites expliciter dès le départ ce qui est hors périmètre : cela évite que l’arbre devienne un fourre-tout de frustrations ou de sujets organisationnels.

  2. 2

    Dessiner et expliquer l’arbre produit

    10 min

    L’animateur dessine un grand arbre visible par tous, sur paperboard, mur ou tableau numérique. Il nomme les zones : « Le tronc représente le cœur du produit existant ; les branches sont les grands domaines fonctionnels ; les racines sont l’infrastructure technique qui permet à l’ensemble de tenir. » Il ajoute que les feuilles seront les fonctionnalités, idées ou évolutions proposées. Il explique la règle de positionnement : près du tronc signifie plutôt bientôt, vers l’extérieur de la canopée signifie plutôt plus tard.

    Astuce — Ne dessinez pas un arbre trop beau ni trop petit : laissez volontairement beaucoup d’espace autour des branches pour que le groupe ose déplacer, regrouper et tailler.

  3. 3

    Nommer les branches et les racines

    10 à 15 min

    L’animateur demande au groupe d’identifier les grands domaines fonctionnels du produit et les inscrit comme branches principales. Il invite ensuite les participants à nommer les éléments d’infrastructure technique indispensables et les place dans les racines. La consigne peut être : « Quelles grandes capacités notre produit offre-t-il ? Et qu’est-ce qui, sous la surface, doit être solide pour les porter ? » Le groupe ajuste les libellés jusqu’à obtenir une structure compréhensible par tous.

    Astuce — Si le groupe débat trop longtemps du nom d’une branche, choisissez un libellé provisoire et marquez-le d’un point d’interrogation ; l’important est de continuer à faire émerger la vision globale.

  4. 4

    Produire les feuilles de fonctionnalités

    10 à 15 min

    Chaque participant écrit des fonctionnalités, améliorations ou idées d’évolution sur des post-it, une idée par feuille. L’animateur précise : « Formulez des éléments assez concrets pour être discutés, mais pas besoin de rédiger une spécification complète. » Pendant quelques minutes, chacun travaille en silence pour éviter l’effet de groupe et permettre aux idées minoritaires d’apparaître. Ensuite, les participants lisent brièvement leurs feuilles afin que le vocabulaire soit compris de tous.

    Astuce — Demandez de relire chaque post-it à voix haute avant de le poser : cela repère immédiatement les doublons, les formulations floues et les idées qui cachent plusieurs fonctionnalités.

  5. 5

    Placer les feuilles sur l’arbre

    15 à 20 min

    Les participants placent leurs feuilles sur l’arbre en choisissant la branche fonctionnelle la plus pertinente. L’animateur rappelle la règle temporelle : « Plus la feuille est proche du tronc, plus elle est envisagée prochainement ; plus elle est vers l’extérieur de la canopée, plus elle est prévue pour plus tard. » Les idées transverses peuvent être discutées collectivement pour trouver leur place la plus utile. Le groupe déplace les feuilles jusqu’à obtenir une représentation lisible de la trajectoire produit.

    Astuce — Autorisez explicitement les déplacements : un post-it posé n’est pas une décision gravée, c’est une hypothèse visuelle que le groupe peut améliorer.

  6. 6

    Observer la forme de l’arbre

    10 à 15 min

    L’animateur fait prendre du recul au groupe : « Regardons l’arbre comme un tout avant de parler de chaque feuille. » Il guide l’observation avec trois angles : l’arbre est-il équilibré, une branche est-elle surchargée, les racines suffisent-elles à porter l’ensemble ? Les participants identifient les zones très denses, les branches pauvres, les dépendances techniques et les risques de croissance déséquilibrée. L’objectif est de transformer la carte en diagnostic collectif, pas seulement en inventaire.

    Astuce — Faites physiquement reculer les participants de quelques pas en présentiel, ou dézoomez en distanciel : le changement d’échelle déclenche souvent de meilleures observations.

  7. 7

    Élaguer et stabiliser la feuille de route

    10 à 15 min

    L’animateur introduit l’élagage : « Certaines feuilles n’ont peut-être plus leur place, sont trop tôt, trop lourdes ou ne servent pas la croissance du produit. » Le groupe discute les feuilles à retirer, déplacer ou reformuler, en s’appuyant sur l’équilibre de l’arbre et la solidité des racines. Les éléments élagués ne sont pas effacés sans accord : ils peuvent être mis dans une zone séparée pour garder trace de la discussion. À la fin, l’arbre représente une base partagée de feuille de route.

    Astuce — Créez une zone visible “élagué / à réexaminer” plutôt qu’une poubelle : cela réduit les résistances et permet de retirer une idée sans humilier son porteur.

  8. 8

    Conclure et décider des suites

    5 à 10 min

    L’animateur photographie ou exporte l’arbre et vérifie avec le groupe ce qui doit être conservé : branches, racines, feuilles proches du tronc, feuilles plus lointaines et éléments élagués. Il demande : « Quelles décisions pouvons-nous acter maintenant, et quels points doivent être instruits après l’atelier ? » Les participants nomment les prochaines actions : clarification, chiffrage, arbitrage ou partage à d’autres parties prenantes. La séance se termine sur la valeur produite : une représentation commune de la croissance souhaitée du produit.

    Astuce — Ne quittez pas la salle sans capture exploitable : prenez plusieurs photos, dont une vue d’ensemble et des gros plans par branche, sinon la richesse de l’atelier se perd.

Variantes

  • Version centrée clients : faites produire les feuilles uniquement à partir de besoins, irritants ou bénéfices utilisateurs, puis traduisez ensuite les feuilles les plus proches du tronc en fonctionnalités possibles.
  • Version dette technique : commencez par les racines et demandez au groupe quelles fondations doivent être renforcées avant d’ajouter de nouvelles feuilles dans la canopée.
  • Version arbitrage rapide : après le placement, limitez l’élagage à une discussion collective sur les feuilles manifestement hors stratégie, redondantes ou trop éloignées du cœur produit.
  • Version à distance : utilisez un tableau blanc collaboratif avec un grand dessin d’arbre, des post-it numériques et un niveau de zoom suffisant pour alterner vue globale et travail par branche.

Guide de débrief

  • Que nous apprend la forme générale de l’arbre sur notre stratégie produit actuelle ?
  • Quelles branches semblent trop chargées, trop pauvres ou insuffisamment reliées au cœur du produit ?
  • Les racines techniques paraissent-elles capables de soutenir les fonctionnalités envisagées ?
  • Quelles feuilles proches du tronc créent le plus d’alignement ou de tension dans le groupe ?
  • Qu’avons-nous élagué, et qu’est-ce que cela révèle sur nos priorités réelles ?
  • Quels sujets nécessitent un arbitrage avant de devenir une feuille de route opérationnelle ?
  • Si nous montrions cet arbre à des utilisateurs ou parties prenantes absents, qu’est-ce qui les surprendrait ?