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Le champ de mines (Minefield)

Le champ de mines (Minefield)

Guider un partenaire aveuglé au milieu d’obstacles pour éprouver confiance, précision et communication sous bruit.

Durée · 20–40 min
Participants · 4–30
Niveau · Débutant

Le champ de mines est une activité de confiance en binômes, en présentiel, pour 4 à 30 participants. Un espace délimité est parsemé d’obstacles appelés « mines » : gobelets, balles, feuilles ou objets légers. Une personne traverse les yeux bandés pendant que son partenaire, placé à l’extérieur de la zone, la guide uniquement par la voix. Le jeu fait vivre la difficulté de donner des consignes précises dans un environnement bruyant, surtout lorsque plusieurs binômes passent en même temps.

Déroulé

  1. 1

    Préparer le terrain et sécuriser l’espace

    5 à 8 min

    L’animateur délimite clairement la zone de jeu avec du ruban, des chaises ou des repères visibles. Il dispose au sol des obstacles légers, appelés mines, comme des gobelets, des balles ou des feuilles, en laissant des passages possibles. Il vérifie qu’aucun objet ne peut blesser, glisser dangereusement ou faire trébucher fortement. Il annonce : « Ici, l’objectif n’est pas la vitesse, c’est la qualité du guidage et la confiance. » Les participants observent le terrain sans encore choisir leur stratégie.

    Astuce — Prévoyez un couloir d’entrée et de sortie bien identifiable : cela évite que les personnes bandées hésitent dès le premier pas ou sortent de la zone par accident.

  2. 2

    Former les binômes et poser le cadre

    3 à 5 min

    L’animateur forme des binômes ou laisse les participants se choisir, puis demande à chaque duo de désigner une première personne guidée et une première personne guide. Il précise que la personne guidée aura les yeux bandés et ne devra avancer que grâce aux indications vocales de son partenaire. Le guide reste à l’extérieur de la zone et ne touche pas son partenaire. Il dit : « Votre mission est de traverser la zone sans toucher les mines ; si une mine est touchée, vous recommencez ou vous recevez la pénalité annoncée. » Le groupe valide ensemble l’option retenue avant de commencer.

    Astuce — Si le groupe est peu à l’aise, choisissez l’option “recommencer” plutôt qu’une pénalité : elle maintient l’enjeu sans transformer l’exercice de confiance en compétition anxiogène.

  3. 3

    Construire un code de communication

    4 à 6 min

    Avant de bander les yeux, l’animateur donne aux binômes un court temps de préparation. Il dit : « Mettez-vous d’accord sur des mots simples pour avancer, arrêter, tourner, ralentir et signaler un danger. » Les binômes peuvent aussi définir la manière de parler : voix forte, phrases courtes, répétition du prénom ou repères de direction. L’animateur rappelle que plusieurs duos traverseront en même temps, donc le bruit fera partie de l’exercice. Les participants testent à voix basse leur code sans entrer dans le champ de mines.

    Astuce — Encouragez les guides à utiliser toujours le prénom de leur partenaire avant une consigne : dans le brouhaha, cela aide la personne bandée à distinguer les informations qui lui sont destinées.

  4. 4

    Lancer la première traversée

    6 à 10 min

    L’animateur bande les yeux des premières personnes guidées ou vérifie que les bandeaux sont bien positionnés. Les guides se placent à l’extérieur de la zone, à un endroit d’où ils voient le parcours mais ne gênent pas les autres. Au signal, plusieurs binômes démarrent en même temps afin de créer du bruit et une vraie contrainte de communication. L’animateur surveille la sécurité, rappelle de ralentir si nécessaire et applique la règle choisie en cas de mine touchée : recommencer ou recevoir la pénalité prévue. Les participants poursuivent jusqu’à traverser la zone.

    Astuce — Restez mobile autour du terrain et intervenez seulement pour la sécurité, pas pour corriger les consignes : les maladresses de communication sont la matière première du débrief.

  5. 5

    Faire une pause courte d’ajustement

    3 à 5 min

    Quand les premiers passages sont terminés, l’animateur réunit rapidement les binômes sans lancer encore le grand débrief. Il demande : « Qu’est-ce qui vous a aidés ? Qu’est-ce qui vous a perturbés ? Que modifiez-vous dans votre code pour le second passage ? » Les participants échangent dans leur duo et ajustent leurs mots, leur volume de voix ou leur rythme. L’animateur insiste sur un point : les consignes doivent être assez précises pour agir, mais assez simples pour être comprises sous stress. Cette pause transforme l’expérience en apprentissage immédiat.

    Astuce — Limitez volontairement cette pause : si elle dure trop, les participants intellectualisent et perdent l’intensité sensorielle de l’exercice.

  6. 6

    Inverser les rôles et rejouer

    6 à 10 min

    L’animateur annonce l’inversion des rôles : la personne qui guidait devient guidée, et inversement. Il redispose quelques mines si le parcours a été trop mémorisé, sans rendre la traversée impossible. Il rappelle : « Même règle : guidage uniquement vocal, guide à l’extérieur, arrêt immédiat si vous ne vous sentez pas en sécurité. » Les binômes repartent simultanément pour retrouver la contrainte de bruit. Chacun expérimente ainsi les deux positions : dépendre d’une consigne et porter la responsabilité de guider.

    Astuce — Changez légèrement la position de quelques obstacles entre les deux passages : cela évite que le second tour devienne un simple exercice de mémoire.

  7. 7

    Débriefer et transférer aux situations réelles

    8 à 12 min

    L’animateur rassemble le groupe hors du terrain et ouvre un débrief structuré. Il commence par les ressentis de la personne guidée, puis par ceux du guide, afin de faire émerger les deux responsabilités. Il relie les observations aux apprentissages : précision des consignes, confiance, écoute, gestion du bruit et adaptation du code commun. Il demande des exemples concrets de situations de travail où l’on doit agir avec une information partielle ou dans un environnement saturé. Le groupe formule enfin une pratique de communication à réutiliser.

    Astuce — Notez au tableau les mots qui reviennent souvent, comme “stop”, “trop vite”, “je n’entendais pas” ou “j’avais confiance” : ils rendent visibles les leviers de communication du groupe.

Variantes

  • Pour un groupe débutant, faites passer un seul binôme à la fois lors du premier essai, puis plusieurs binômes simultanément au second tour afin d’introduire progressivement le bruit.
  • Pour renforcer l’apprentissage, autorisez une minute de préparation du code avant le premier passage, puis interdisez toute discussion pendant la pause d’ajustement sauf trois mots-clés à choisir.
  • Pour augmenter le niveau de difficulté, rapprochez certains obstacles ou demandez aux guides de rester sur un côté unique de la zone, tout en conservant une traversée sûre et possible.
  • Variante d’observation : pendant que certains binômes jouent, les autres observent uniquement la qualité des consignes vocales et relèvent des formulations efficaces à partager au débrief.

Guide de débrief

  • Quand vous aviez les yeux bandés, qu’est-ce qui vous a donné confiance ou, au contraire, vous a fait douter ?
  • Quelles consignes étaient réellement actionnables, et lesquelles créaient de l’hésitation ?
  • Comment le bruit des autres binômes a-t-il modifié votre manière de parler, d’écouter ou de décider ?
  • Qu’avez-vous appris sur la différence entre donner beaucoup d’informations et donner les bonnes informations ?
  • Dans vos situations professionnelles, où rencontrez-vous l’équivalent d’un “champ de mines” avec visibilité limitée ?
  • Quel code de communication simple pourriez-vous mettre en place dans l’équipe pour éviter les malentendus sous pression ?