
Compter jusqu'à 20
Un défi d’écoute collective : atteindre 20 sans ordre, sans stratégie, sans se couper la parole.
Compter jusqu’à 20 est un exercice d’écoute issu du théâtre d’improvisation. Le groupe doit compter collectivement de 1 à 20, sans ordre défini et sans se mettre d’accord sur une méthode. Dès que deux personnes parlent en même temps, le groupe repart à 1. Le jeu fait vivre la patience, l’attention aux signaux faibles, l’acceptation du silence et la tentation de vouloir prendre trop de place.
Déroulé
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Installer le cadre
1 minPlacez les participants en cercle si vous êtes en présentiel, ou demandez-leur de rester visibles et attentifs si vous êtes à distance. Dites : « Nous allons faire un exercice court d’écoute collective, sans performance individuelle. Le but est simple : compter ensemble de 1 à 20. » Invitez chacun à poser les pieds au sol et à se rendre disponible. Précisez que le silence fait partie de l’exercice, et qu’il ne s’agit pas d’aller vite.
Astuce — Ralentissez volontairement votre voix dès l’introduction : le ton posé aide le groupe à comprendre que la réussite vient de l’écoute, pas de la rapidité.
- 2
Énoncer les règles sans ambiguïté
1 minExpliquez les règles une par une : « N’importe qui peut dire le nombre suivant, mais une seule personne à la fois. Il n’y a pas d’ordre établi, on ne suit pas le cercle, et vous ne devez pas convenir d’un système. Si deux personnes parlent en même temps, même légèrement, nous repartons à 1. L’objectif est d’atteindre 20. » Vérifiez que chacun a compris, puis interdisez explicitement les signes, regards insistants ou stratégies collectives.
Astuce — Insistez sur “pas de système” avant de commencer : beaucoup de groupes cherchent spontanément à optimiser, ce qui contourne l’intérêt pédagogique du jeu.
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Créer les conditions d’écoute
1 minProposez une posture qui réduit les automatismes : « Vous pouvez fermer les yeux ou regarder le sol, sans chercher à désigner quelqu’un. » En distanciel, dites : « Gardez vos caméras allumées ou éteintes selon ce qui aide le mieux votre écoute, mais ne vous donnez pas d’indices. » Laissez quelques secondes de silence avant le départ. Ce court sas aide le groupe à quitter la conversation ordinaire pour entrer dans une attention collective.
Astuce — Si le groupe est très agité, imposez dix secondes de silence complet avant le premier “1” : cela évite les départs précipités et les collisions immédiates.
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Lancer la première tentative
2 minAnnoncez simplement : « Quand vous êtes prêts, quelqu’un commence avec 1. » Ensuite, ne dirigez plus le tour et laissez le groupe gérer les intervalles. Si deux personnes parlent en même temps, interrompez calmement : « Collision, on repart à 1. » Ne commentez pas chaque échec, car l’apprentissage se fait dans l’ajustement. Votre rôle est de tenir le cadre, pas de conseiller pendant l’action.
Astuce — Soyez très neutre quand vous faites repartir à 1 : un ton amusé ou frustré peut transformer l’exercice en compétition ou en peur de se tromper.
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Laisser plusieurs essais se succéder
2 à 4 minLaissez le groupe enchaîner les tentatives jusqu’à atteindre 20 ou jusqu’au temps prévu. Rappelez uniquement les règles si une stratégie apparaît : « Attention, pas d’ordre convenu, pas de système, on revient à l’écoute. » Observez qui parle vite, qui se retient, comment le groupe réagit aux silences et aux reprises à 1. N’ajoutez pas de consigne tactique, même si vous voyez une solution possible.
Astuce — Notez mentalement deux ou trois comportements observables pour le débrief, par exemple une accélération après 10 ou des personnes qui prennent souvent le nombre suivant.
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Clore l’exercice
1 minArrêtez l’exercice soit quand le groupe atteint 20, soit quand la durée annoncée est écoulée. Dites : « On s’arrête ici, quel que soit le score atteint ; l’important est ce que nous avons observé. » Remerciez le groupe pour l’engagement et laissez un bref silence avant de parler. Cette clôture évite de réduire l’activité à une réussite ou un échec numérique.
Astuce — Si le groupe atteint 20 très vite, ne relancez pas forcément pour “faire durer” : gardez l’énergie de réussite et exploitez plutôt ce qui l’a rendue possible.
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Débriefer les apprentissages
3 à 5 minOuvrez le débrief par le vécu, puis reliez aux enseignements : écoute collective, patience, silence et place de chacun. Demandez : « Qu’avez-vous remarqué dans votre propre comportement ? » puis « Qu’est-ce qui a aidé ou gêné le groupe ? » Accueillez les réponses sans chercher une bonne interprétation unique. Terminez en faisant le lien avec les situations de travail où l’on parle trop vite, où l’on coupe, ou où l’on prend toute la place.
Astuce — Faites parler aussi ceux qui ont peu parlé pendant le jeu : leur expérience de retenue ou d’observation est souvent la plus riche pour le groupe.
Variantes
- À distance, faites l’exercice en visioconférence avec caméras allumées ou éteintes. Rappelez que les participants ne doivent pas utiliser le chat, les gestes ou les signes pour organiser le comptage.
- Pour un groupe débutant ou très agité, proposez de regarder le sol plutôt que de fermer les yeux. Cela sécurise les participants tout en limitant les signaux visuels trop directs.
- Pour renforcer l’apprentissage, faites deux manches courtes : une première sans débrief intermédiaire, puis une seconde après avoir simplement rappelé l’intention d’écoute et de patience, sans autoriser de stratégie.
Guide de débrief
- Qu’est-ce qui s’est passé en vous juste avant de décider de dire un nombre ou de vous retenir ?
- Comment le groupe a-t-il géré le silence : comme une aide, une gêne, une tension ou une opportunité ?
- À quels moments avez-vous senti une vraie écoute collective, même sans signe explicite ?
- Qu’est-ce qui a provoqué les collisions : impatience, envie d’aider, peur du vide, automatisme ?
- Qui a pris de la place, qui en a laissé, et qu’est-ce que cela dit de nos dynamiques habituelles ?
- Dans notre travail, où retrouvons-nous cette tentation de parler trop vite ou de vouloir faire avancer seul ?